Texte : Au contraire, les appellations par lesquelles il peut être permis de se nommer, comme l’affiliation des gens à un imâm tel que le hanafî, le mâlikî, le shâfi3î et le hanbalî, ou à un shaykh comme le qâdirî, le ‘adawî et autres semblables, ou encore comme l’affiliation aux tribus tel que le qaysî ou le yéménî, ou aux contrées comme le châmî, l’irakien ou l’égyptien : il n’est donc permis à personne de tester les gens par ces appellations, ni de s’allier pour elles ou prendre en inimitié à cause d’elles. Au contraire, les plus nobles des créatures auprès d’Allâh sont les plus pieux, quelle que soit la faction à laquelle il appartient.
Explications et commentaires du shaykh abdelAzîz Ar Rajihî :
L’auteur, qu’Allâh lui fasse miséricorde, a dit : « les appellations par lesquelles il peut être permis de se nommer : il n’est permis à personne de tester les gens par ces appellations », comme le fait qu’une personne dise : « Je suis hanafî ou mâlikî ou shafi3î ou hanbalî ». En effet, ces noms sont des noms d’imâms juristes dans les branches (du fiqh). Il est permis à une personne de s’y affilier, tant que cela ne lui nuit pas, c’est-à-dire tant qu’elle agit selon la preuve.
Si elle n’a pas la capacité de déduire à partir des preuves, alors elle suit (imite) un imâm parmi les imâms. Et si elle possède la capacité d’examiner les preuves, alors elle ne fait pas de suivi (aveugle), mais agit selon les preuves, et cela ne lui nuira pas de coïncider avec un imam dans les fondements.
Par exemple : Shaykh al Islâm était hanbalî, mais il n’était pas un imitateur (muqallid) de l’imâm (Ahmad). Le sens est plutôt qu’il est en accord avec lui dans les fondements : le Livre, la Sunna, le consensus (Ijma‘), l’analogie (qiyâs) et l’application de la parole du compagnon (du Prophète ﷺ).
De même, Ibn l-Qayyîm et d’autres sont appelés hanbalî. Mais cela ne signifie pas qu’il prenait les avis de l’imâm Ahmad sans preuve. Non : il pouvait être en accord avec lui dans les fondements, et cela ne pose aucun problème.
Malgré cela, il est permis à une personne de s’affilier et de dire : « Je suis hanbalî ou hanafî ». Mais il n’est permis à personne de mettre les gens à l’épreuve ni de leur accorder son alliance en disant : « Tu es hanbalî, donc je m’allie au hanbalî ; quant au hanafî et au shafi3î, eux je les déteste. »
Ou encore de dire : « Je suis hanafî » et de s’allier uniquement aux hanafî, ou de dire: « le shâfi3î est pris en inimité et le mâlikî aussi », cela est une erreur. Ceci est une erreur : on ne doit ni s’allier ni prendre pour ennemi les gens en raison de ces appellations.
De même, l’affiliation à un shaykh, comme le qâdirî ou le ‘adawî, ou l’affiliation aux tribus comme le qaysî et le yéménite, ou encore aux régions comme le châmî, l’irakien et l’égyptien : il n’est pas permis que l’on prenne toutes ces appellations afin d’en faire des bases de loyauté ou d’hostilité.
Allâh Ta’alã a dit dans Son Livre : {certes, le plus noble d’entre vous, auprès d’Allâh, est le plus pieux} (trad relat s.49 v. 13). Et Il a dit : {ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus} …Pour quoi ? {Pour que vous vous entre-connaissiez} (trad relat s.49 v. 13).
Il n’est donc pas permis à une personne de soutenir quelqu’un parce qu’il est de sa tribu ou de sa contrée ou parce qu’il partage le même madhab. Non ; L’alliance et l’inimité sont en Allâh : on aime pour Allâh et on déteste pour Allâh.
Ainsi, celui qui est droit sur l’ordre d’Allâh, nous le soutenons, même s’il se trouve à l’autre bout du monde, même s’il est éloigné, qu’il soit arabe ou non-arabe.
Et celui qui s’oppose à l’ordre d’Allâh est pris pour ennemi, même s’il fait partie des personnes les plus proches de toi, même s’il est ton frère de père et de mère : tu lui voues une hostilité religieuse.
Quant au fait de vouer de la loyauté en raison des tribus, ou de l’affiliation à un madhab, ou de l’appartenance à un pays : sur tout cela, Allâh n’a fait descendre aucune preuve.